Régulation du système nerveux :

Comprendre le stress et le rôle de la forêt

Le stress chronique est souvent perçu comme un état psychologique. En réalité, il s’agit avant tout d’un déséquilibre du système nerveux autonome, chargé de gérer la vigilance, la récupération et l’adaptation du corps à son environnement.

Comprendre comment fonctionne ce système permet d’expliquer pourquoi la forêt joue un rôle central dans le retour à l’équilibre nerveux.

Le système nerveux autonome : la base biologique du stress

Le système nerveux autonome régule automatiquement des fonctions essentielles : respiration, rythme cardiaque, digestion, tension artérielle, niveau d’éveil.
Il fonctionne en grande partie sans intervention consciente.

Il repose sur deux branches complémentaires :

  • le système nerveux sympathique,
  • le système nerveux parasympathique.

La santé dépend de leur alternance fluide, pas de la domination permanente de l’un ou de l’autre. 

Illustration du fonctionnement du système nerveux autonome

Le système nerveux sympathique : agir, s’adapter, survivre

Le système sympathique s’active lorsqu’une situation demande une réponse rapide : pression professionnelle, danger, urgence, surcharge mentale…

Que se passe-t-il dans le corps ?

  • accélération du rythme cardiaque,
  • augmentation de la tension artérielle,
  • libération de cortisol et d’adrénaline,
  • mobilisation de l’énergie musculaire,
  • mise en veille des fonctions de digestion et de réparation.

À court terme, ce mécanisme est indispensable.
À long terme, lorsqu’il reste activé en continu, il devient coûteux pour l’organisme.

Le système nerveux parasympathique : repos et récupération

Le système parasympathique est responsable de l’état inverse : celui dans lequel le corps peut récupérer, digérer et réparer.

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Ses effets principaux

  • ralentissement du rythme cardiaque,
  • respiration plus ample et plus lente,
  • reprise des fonctions digestives,
  • récupération nerveuse,
  • meilleure régulation émotionnelle.

Sans activation suffisante du parasympathique, le corps fonctionne en mode survie, même en l’absence de danger réel.

Stress chronique : un déséquilibre durable du système nerveux

Le stress chronique correspond à une suractivation prolongée du système sympathique, sans retour suffisant vers le parasympathique.

Il se manifeste souvent par :

  • fatigue persistante,
  • troubles du sommeil,
  • tensions musculaires,
  • perte ou prise de poids « soudaine »
  • irritabilité,
  • difficulté à se détendre,
  • impression de ne jamais vraiment récupérer.

Ce n’est ni un manque de volonté, ni un problème de motivation, mais un déséquilibre physiologique.

Pourquoi la forêt aide à réguler le système nerveux

La forêt constitue un environnement particulièrement favorable à la régulation du système nerveux autonome.

Un environnement perçu comme sûr

En milieu forestier, le cerveau est moins exposé à :

  • la surcharge informationnelle,
  • le bruit constant,
  • les sollicitations sociales,
  • les signaux artificiels d’urgence.

Cette absence de stimulation agressive permet au système sympathique de ralentir naturellement.

Joshua et son mal de dos

joshua

Je connais Joshua depuis quelques années, et je l’ai toujours entendu se plaindre de son mal de dos. Pourtant il avait fait beaucoup d’examens et on ne lui avait rien trouvé. Par habitude, je lui soumets l’idée que peut-être ( eh oui je prends des pincettes), son mal de dos était plus de l’ordre émotionnel, et probablement lié au stress.


« En avoir plein le dos » est loin d’être une expression anodine …
J’arrive par miracle à le convaincre de venir faire un bain de forêt avec moi et un groupe.


Durant la séance d’ancrage, je le vois se tortiller dans tous les sens, incapable de rester debout immobile tant il avait mal.
Et puis, au bout d’une heure, et juste après avoir marcher pieds-nus, je le surprends en train de gambader allègrement, et même de commencer à jouer avec un de ses amis qui était dans le groupe (oui je parle d’un homme de 35 ans) .

Son mal de dos s’était « évanoui ».
Et pour cause, en revenant dans l’instant présent grâce aux acitivtiés que nous avions faites, et en re-branchant à la terre, il avait fait considérablement baisser son niveau de stress et dénouer les tensions dans son dos.


Une stimulation sensorielle adaptée

La forêt offre :

  • une lumière douce et diffuse,
  • des sons naturels non répétitifs,
  • des odeurs végétales,
  • une diversité de textures.

Ces éléments favorisent l’activation du système parasympathique, mesurable par la baisse du cortisol, du rythme cardiaque et de la tension artérielle.

Le rôle des phytoncides

Les arbres émettent des composés appelés phytoncides, présents dans l’air forestier.

Ces substances sont associées à :

  • une diminution des hormones du stress,
  • une amélioration de certains paramètres immunitaires,
  • un effet prolongé après l’exposition.

La régulation nerveuse ne s’arrête donc pas au moment où l’on quitte la forêt.

Pourquoi la régulation n’est pas automatique

Être en forêt ne suffit pas toujours à réguler le système nerveux.

Si l’on reste :

  • dans la performance,
  • dans l’analyse mentale,
  • dans un rythme rapide,
  • ou dans la distraction constante,

le système sympathique peut rester dominant.

La régulation passe alors par :

  • le ralentissement,
  • l’attention aux sensations corporelles,
  • l’absence d’objectif,
  • des temps d’arrêt.

C’est cette qualité de présence qui permet au système nerveux de changer réellement d’état.

Ce que la forêt permet (et ses limites)

La forêt ne supprime pas le stress chronique si d’autres mesures ne sont pas mises en place dans le quotidien, et ne remplace pas un suivi médical.

En revanche, elle :

  • soutient la régulation naturelle du système nerveux,
  • facilite l’accès à des états de repos profonds,
  • améliore la récupération mentale,
  • aide à sortir de l’état d’alerte permanent.

Elle crée un contexte biologique favorable, sans forcer.

Conclusion : retrouver l’équilibre nerveux par l’environnement

Le stress chronique est avant tout un problème de déséquilibre du système nerveux autonome.
Comprendre la différence entre sympathique et parasympathique permet d’aborder la question du stress de manière concrète et non culpabilisante.

La forêt agit comme un environnement régulateur, capable de soutenir le retour à l’équilibre sans injonction ni effort mental excessif.
Elle ne fait pas le travail à notre place, mais elle réunit les conditions nécessaires pour que le corps puisse se poser et récupérer.

Sources scientifiques

Hansen, M. M., Jones, R., & Tocchini, K. (2017). Shinrin-Yoku (Forest Bathing) and nature therapy: A state-of-the-art review. International Journal of Environmental Research and Public Health, 14(8), 851. https://doi.org/10.3390/ijerph14080851

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Antonelli, M., Barbieri, G., & Donelli, D. (2019). Effects of forest bathing on stress reduction: A systematic review and meta-analysis. International Journal of Environmental Research and Public Health, 16(19), 3544. https://doi.org/10.3390/ijerph16193544

McEwen, B. S. (2007). Physiology and neurobiology of stress and adaptation. Physiological Reviews, 87(3), 873–904. https://doi.org/10.1152/physrev.00041.2006

Thayer, J. F., & Lane, R. D. (2000). A model of neurovisceral integration. Journal of Affective Disorders, 61(3), 201–216. https://doi.org/10.1016/S0165-0327(00)00338-4

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