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Qu’est-ce que la sylvothérapie ? Définition et effets sur le corps humain

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Aurore Kaddour/ 11 octobre 2026

syndrome de Fatigue chronique : la forêt, une piste à prendre au sérieux

Une étude de 2025 a  fait faire un bain de forêt à des personnes atteintes de fribromyalgie et/ou du syndrome de fatigue chronique, et prouve à nouveau l’impact positif de la forêt sur l’anxiété, la vigueur et la fatigue. Des résultats porteurs d’espoir quand on sait que le syndrome de fatigue chronique ou l’encéphalomyélite myalgique touche entre 200 et 500 milles personnes en France (et oui nous allons parlé de cette énorme écart).

Homme épuisé

Syndrome de fatigue chronique en France : ce qui change depuis août 2026

Le syndrome de fatigue chronique, ou encéphalomyélite myalgique (SFC), est passé sous silence pendant des décennies. On a du mal à connaître sa prévalence : l’Assurance maladie parle d’au moins 200 000 adultes avant le Covid, en précisant que le nombre a fortement augmenté depuis, et les associations de patients parlent de 500 000 personnes. Aucune étude nationale ne tranche.

 

Et puis, le 6 août 2026, l’Assurance maladie met à jour sa fiche sur le SFC. Sans explication ni grande déclaration. Cette maladie, longtemps cataloguée comme somatique, psychiatrique ou psychologique, est enfin reconnue pour ce qu’elle est : elle n’est plus classée comme un trouble psychiatrique ou psychologique, et le malaise post-effort y est reconnu. L’Organisation mondiale de la santé la qualifie pourtant de maladie neurologique depuis 1969. Bref, la France s’aligne enfin.

 

Fondamentalement, ça ne changera pas grand-chose, car la maladie n’est toujours pas reconnue comme affection longue durée. Quoique… si, ça change. Le « c’est dans votre tête » perd sa caution officielle, et les personnes atteintes seront peut-être enfin crues, sinon comprises.

Symptômes de la fatigue chronique : le malaise post-effort

Le SFC n’est pas un état de fatigue prolongé classique. Son symptôme central n’est pas la fatigue elle-même, c’est le malaise post-effort. Une activité physique ou mentale, même minime, aggrave les symptômes dans les 12 à 48 heures, et la récupération demande beaucoup de temps. Ce délai explique que le lien avec l’effort passe souvent inaperçu. Les effets peuvent durer des heures, des jours, voire des semaines.

 

Autour, le tableau est large : un sommeil non réparateur, des troubles cognitifs (mémoire, concentration, brouillard), des douleurs, une intolérance à la station debout.

 

La sévérité varie énormément. D’un côté, une forme légère qui permet de travailler avec des aménagements. De l’autre, au moins un patient sur quatre reste confiné à la maison ou au lit pendant de longues périodes. Et le handicap est complètement invisible. Les personnes atteintes n’ont souvent pas l’air malades, ce qui nourrit l’incompréhension de l’entourage et des soignants. Il n’existe aucun test : le diagnostic se pose après exclusion d’autres causes, et beaucoup de patients ont un parcours de soins de plusieurs années.

Traitement de la fatigue chronique : à ce jour, rien ne guérit

On ne sait pas traiter le SFC. On a conseillé aux patients de l’exercice physique modéré progressif, avec pour résultat, chez beaucoup, une aggravation de la douleur et de la fatigue. Le NICE britannique l’a retiré de ses recommandations en 2021 et ne garde la TCC qu’en soutien, pas comme traitement. À la place, le pacing : fonctionner en dessous de ses limites pour éviter les crashs. Le hic, c’est que les preuves sur le pacing restent limitées. 

 

Côté médecines douces, acupuncture, tui-na et autres ont donné des améliorations chez certains, mais rien de reproductible.

Pour le moment, chaque patient cherche des aménagements, des solutions un peu « fait-maison », qui lui permettent d’avoir un semblant de vie.

mère fatiguée aves son fils derrière

Bain de forêt et fatigue chronique : ce que dit l’étude de 2025

En 2025, la chercheuse Mayte Serrat, physiothérapeute spécialisée dans la fibromyalgie, intègre à son étude sur la forêt des patients atteints de SFC. C’est une étude pilote : 44 personnes atteintes de fibromyalgie et/ou de SFC, des questionnaires avant et après un bain de forêt en forêt méditerranéenne. Le protocole est simple : 3 h de marche, 3 km, 3 arrêts avec des pratiques de pleine conscience et de respiration.  Le lieu, à quelques kilomètres de Barcelone, a été choisi pour sa diversité et sa représentativité d’un environnement méditerranéen.

Les résultats : des bénéfices à court terme, surtout sur l’anxiété et l’humeur négative, ce qui est une excellente nouvelle pour les personnes atteintes de SFC, car la maladie crée une détresse certaine. Autre bonne nouvelle, des effets petits à modérés sur la fatigue et la pleine conscience. L’impact sur la fatigue n’est pas aussi puissant que sur l’anxiété, mais le phénomène est là : un bain de forêt de 3 h peut diminuer la fatigue.

 

Gardons la tête froide. C’est un pilote, les auteurs parlent eux-mêmes de preuves préliminaires, et on ne sait pas ce qui se passe 24 à 48 heures plus tard, c’est-à-dire pile dans la fenêtre du malaise post-effort. Il reste du travail.
Point important, il n’y a pas que la forêt qui a eu un impact, les activités de pleine conscience et de respiration ont aussi influencé les résultats, c’est le principe du bain de foret. Découvrez ce qu’est un bain de foret.

 

L’étude voulait aussi observer l’impact du bain de forêt sur la douleur des patients atteints de fibromyalgie, mais les résultats n’ont pas été à la hauteur de leurs espérances. Comme ils le soulignent, le protocole n’est peut-être pas le bon, et surtout pas assez long pour agir durablement sur la douleur. Je ne peux que confirmer leur hypothèse.

Sylvothérapie et fatigue chronique : ce que j’observe en forêt

Du côté de mes clients, j’ai toujours noté que la fatigue disparaissait pendant un bain de forêt. Selon les personnes, soit il y avait un tel regain d’énergie qu’elles avaient du mal à dormir le soir, comme Christelle, arrivée ni motivée ni en forme et ressortie rayonnante après notre session. Soit, au contraire, le sommeil redevenait tellement réparateur que les participants se sentaient en excellente forme pendant plusieurs jours.

 

J’ai aussi noté une grande différence selon la durée. Il me semble que 2 h 30 à 3 h est un minimum pour avoir un impact sur la fatigue, alors que 30 minutes peuvent suffire pour réduire significativement l’anxiété.  C’est d’ailleurs pour ça que je propose des journées complètes. Ce sont bien sûr, des observations de terrain, pas des mesures. Et 3 heures, c’est énorme pour un corps qui paie chaque effort. À adapter à chaque personne.

Femmes marchent en foret
Début de bain de forêt- avant premier arrêt

Fatigue chronique : comment la forêt m’a remise sur pieds

Diagnostiquée par exclusion de tout autre pathologie en 2021, je ne pouvais plus assurer mon quotidien sans d’horribles douleurs, un manque de tonus, et il me fallait en moyenne 4h de repos après être faire mes courses. Aucun traitement, aucune aide, aucune recommandation qui n’aggravait pas les symptômes. 
Moi, c’est la forêt qui m’a remise sur pieds. Mais, ce n’est pas arrivé tout de suite : il m’a fallu 3 ans pour comprendre de quoi j’avais besoin, et j’ai fini par en sortir en allant régulièrement en forêt.

Les premiers jours, je n’ai fait que pleurer. Décharge émotionnelle complète. Puis je me suis sentie plus légère, c’était plus facile d’avancer. Ne pouvant pas marcher, je faisais du vélo, et je descendais les pistes en forêt avec une joie d’enfant, et je pleurais à nouveau parce que ça faisait longtemps que je n’avais pas entendu mon propre rire. Et puis j’ai touché des arbres, dormi sur de la mousse, chanté avec les chevreuils, joué dans la terre retournée des sangliers. Moi, la citadine en talons aiguilles, j’étais maintenant pieds nus sur un chemin de terre. Et je me rechargeais.

Doucement, mes sorties se sont allongées, mes efforts physiques me coûtaient de moins en moins, jusqu’au jour où j’ai pu marcher 15 km en poussant mon vélo, sans avoir besoin de dormir excessivement. J’y étais arrivée. Mes symptômes avaient disparu. 4 mois, après 3 ans de recherche.

Un cas ne fait pas une preuve. C’est mon histoire, tout le monde n’a pas la même, mais les études commencent seulement à expliquer ce que la forêt peut faire.

Bain de forêt : y aller par petites doses

  • Y aller régulièrement. Pas forcément loin, pas longtemps, car le corps ne peut pas le supporter, mais souvent.

     

  • Rester au contact de la nature (terre, arbres…) autant que le corps le permet. Pas plus. Avec des symptômes sévères, on part plus bas qu’un bain de forêt classique, pas plus haut.

     

  • Choisir un lieu qui nous ressource. Pour moi, c’était la forêt dans laquelle j’avais grandi, qui sent l’humus le matin, un peu marécageuse, avec l’odeur des pins. À chaque bouffée d’air, je sentais la vigueur, la vie, me pénétrer à nouveau. Pour d’autres ce sera une forêt différente, la mer, la montagne. En général, on sait quel environnement va nous remplir à nouveau.

     

  • Tout faire à son rythme. J’étais obligée de toute façon, alors j’ai embrassé la lenteur et je me suis fait ma propre rééducation. Un temps essentiel pour trouver à quels endroits, à quels moments, dans quelles situations et avec qui notre énergie nous échappe, et apprendre à la préserver.

Si vous voulez explorer cette piste

C’est grâce à des chercheurs engagés que la science s’intéresse doucement à l’impact de la forêt sur nos corps, et chaque étude vient rappeler son importance. Il n’y a toujours aucun traitement du SFC, et pourtant la sylvothérapie ouvre de vraies pistes. Je l’ai observé de mon côté, et les études commencent à confirmer, prudemment, ce qu’on voit sur le terrain.

Si vous êtes atteint de SFC ou que vous connaissez un proche qui l’est, retournez dans la nature aussi souvent que le corps le permet, par petites doses, sous votre seuil, en conscience. Parlez-en à votre médecin.

Je reçois les personnes en fatigue chronique en forêt ou à distance. Je cale la durée et le rythme sur leur seuil, et on s’arrête avant le crash, parfois on ne va même pas en forêt tout de suite, on trouve d’autres alternatives en attendant de retrouver de la mobilité. 
 Si vous êtes médecin ou thérapeute et que vous avez un patient concerné, parlons nous : je vous expliquerai comment je travaille.
aurore@connexionprimaire.fr 

Questions fréquentes

Quels sont les symptômes du syndrome de fatigue chronique ?

Le signe central est le malaise post-effort. Un effort physique ou mental, même minime, aggrave les symptômes dans les 12 à 48 heures. S’y ajoutent un sommeil non réparateur, des troubles de la mémoire et de la concentration, des douleurs et une intolérance à la station debout.

Depuis le 6 août 2026, la fiche de l’Assurance maladie ne le classe plus comme trouble psychiatrique ou psychologique. La revendication principale des associations reste la reconnaissance en affection de longue durée (ALD). Elle n’est pas acquise à ce jour.

Ameli parle d’au moins 200 000 adultes avant le Covid, mais aucune étude nationale ne permet de le confirmer. Les associations avancent 440 000 adultes et jusqu’à 500 000 personnes.

Aucun traitement ne guérit. Le NICE britannique ne recommande plus l’exercice à paliers fixes depuis 2021 et ne garde la TCC qu’en soutien. Le pacing, la gestion de l’énergie sous son seuil, est recommandé, même si les preuves à son sujet restent limitées.

Une étude pilote de 2025 sur 44 personnes (fibromyalgie et/ou SFC) montre des bénéfices à court terme, surtout sur l’anxiété et l’humeur, avec des effets petits à modérés sur la fatigue. Ce sont des résultats préliminaires, pas une preuve d’efficacité.

Oui, s’il est trop long ou trop intense : il peut déclencher un malaise post-effort.  Non s’il est adapté en durée et en intensité.Il vaut mieux commencer petit. 

Sources

Liens vers les sources

Étude sur le bain de forêt

  • Serrat M., Royuela-Colomer E., Alonso-Marsol S., Ferrés S., Nieto R., Feliu-Soler A., Muro A. The Psychological Benefits of Forest Bathing in Individuals with Fibromyalgia and Chronic Fatigue Syndrome/Myalgic Encephalomyelitis: A Pilot Study. Healthcare (Bâle), juillet 2025 ; 13(14):1654. DOI : 10.3390/healthcare13141654
    https://scientiasalut.gencat.cat/handle/11351/13901
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